Photographie

« Une ville, d’un autre angle » par Amine Ounnas

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Amine Ounnas, jeune photographe algérien a choisi pour thème la ville d’Annaba, dont il immortalise et raconte le quotidien de ses habitants en images et sous différents angles.

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« J’ai choisi Annaba, pour la diversité architecturale dont elle se pâme, l’ancienne ville Bônnoise s’étend de la place de La République à La Rue Gambetta, on y trouve au centre même, le théâtre régional qui est un édifice architectural d’un style colonial et d’une beauté qui a perdu sa flagrance en raison de l’oubli, le non-entretien ainsi que les déchets qui polluent sa façade, le trafic routier et les chahuts empêchent les passants de scruter avec précision les détails de la ville. Beaucoup de visages portant leurs histoires, boulots, familles, leurs pains ou autre choses… un bon nombre de jeunes monopolisent les trottoirs sans en bouger…analysant ce qui se passe autour.

Les écritures murales trouvent foyer dans les ruelles étroites, des histoires entières écourtées dans des phrases désespérées, douloureuses, résumant beaucoup de journaux et de faits-divers, pour écrire le cri des gens, ils se voient absents, délaissés et oubliés, le désespoir joue son rôle… les cafétérias populaires et populeuses ont du bon, les discussions « foot » ou « politique » siègent aux tables comme aux langues, beaucoup de fumée et de café… le fameux – va tout – « du nouveau ? Les visages dans ce pays t’épargnent mille contes…ils sont éloquents. Nous sommes un peuple qui cache beaucoup de racisme et d’insatisfaction devant la différence de sa société et ce dans ses propres discours, il se peut que ça soit dû à la grande accumulation sociale et culturelle, si une personne ne s’applique pas à faire la tâche on lui plaque une citation populaire qui veut littéralement dire : « bâcle et donne au myope » – Ka3wer Dez La3wer -, qui veut dire qu’on néglige beaucoup ceux qui sont myopes…parfois, même ceux qui mettent des lunettes, un autre exemple l’utilisation du terme « barbu » – Boulahia – pour ceux qui se laissent pousser la barbe… et il est très rare de voir d’autres barbus se faire classer socialement ainsi , je vois qu’il est juste de reconsidérer notre culture sociale… car c’est un réflexe automatique quand les accumulations se tassent dans la pensée humaine. » – Amine Ounnas 

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