Musique

TAÂLI : Sofiane Saidi célèbre l’amour d’antan

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◊ Contribution : Karim Meskia, nous revient dans cette nouvelle chronique non pas sur le cinéma, mais bien la musique pour nous parler du nouvel ovni de Sofiane Saidi intitulé « Taâli ».


Taâli est une chanson écrite par Mohamed El Kamel et interprétée pour la première fois par Salim Halali. C’est une chanson qui célèbre l’amour et la nostalgie. Son rythme andalou rajoute à la poésie subtile de ses paroles une sublime harmonie qui procure un orgasme auditif.

Taâli a déjà été reprise par plusieurs artistes et a été portée sur différents styles. On en trouve la version doux-flamenco de THéKO, plus improvisée, plus crue ou encore la version plus rythmée de Elie Melloul, mais celles qui sortent du lot sont celle de Biyouna et celle de Sofiane Saidi.

Biyouna porte l’ode d’une voix grave aux vibrations qui pulsent les « vient vers moi ». Les percussions permettent aux notes du piano d’accompagner le shaker dans les envolées mélodiques de la chanteuse. Le trombone intervient entre les refrains et les couplets pour un entracte jazz. Et enfin, l’artiste conclue avec un couplet exclusif qui rajoute un rythme cabaret à la chanson.

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Quant à Sofiane Saidi, il nous livre ici une délicieuse reprise. Son interprétation est d’une rareté sublime. Une intro inquiétante, puis un violon mélancolique intervient pour alléger les sensations et rajouter une douceur bienveillante aux percussions étouffées du bendir… Silence ! Le rythme reprend avec une richesse d’instruments supplémentaires et une voix sensuelle et rauque à la clé. L’étirement des mots est une caresse eargasmique, Sofiane prolonge le plaisir, déjà installé par la musique, d’une voix mielleuse et lyrique qui transporte les gens dans une dimension nostalgique.

La chanson est mise en scène par Aurore Vinot dans un clip sobre et enluminé de couleurs qui, personnellement, me fait penser au cinéma du réalisateur danois Nicolas Winding Refn pour ses plans rapprochés et son travail sur la lumière. Un clip épuré sublimé par une comédienne qui transpire le désir ; la, comme créditée, « délicieuse » Agnès Tassel. Une interprétation d’une finesse unique qui saupoudre les plans qu’elle domine d’une touche érotique et féminine. Tâali met au-devant l’envie d’une femme désirée et désireuse d’un amour fou et rend en même temps hommage, à l’almodovarienne, à « toutes les femmes qui ont été follement aimées, peu importe leur âge et leur passé. Son chant est une caresse pour les nostalgiques, celle qui ont goûté à l’étreinte précieuse d’un regard d’homme possédé. »

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