Inspirations

Hind Oufriha, exposante à la quatrième d’Al-Tibaq : « Je questionne le regard de l’autre sur le corps féminin. »

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Habituée à couvrir toutes sortes d’événements artistiques, en sa qualité de journaliste culturelle. Hind Oufriha, passionnée d’art et de poésie a aussi plusieurs casquettes, se retrouvant aujourd’hui de l’autre coté de la barrière, elle a été invitée à se produire à la quatrième édition d’Al-Tibaq, pour y présenter deux œuvres engagées du 29 septembre au 31 octobre prochain au Musée national du Bardo

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Qui est Hind Oufriha ? 

Hind Faiza Oufriha, est une journaliste culturelle depuis 1999. Son métier l’a amené à côtoyer le monde de l’art de très prés à tel point, que passionnée de poésie et de photographie, elle ne rate pas une occasion, pour exercer ses talents, que ce soit dans les ateliers d’art, ou les différentes expositions photos auxquels elle a pris part.
Femme Engagée et défenseure de la cause féminine, Hind’O n’hésitera pas à briser les tabous, ce qui lui vaudra parfois de nombreux refus et réticences de la part de certains galeristes, mais il en faut peu pour décourager cette dernière, qui a force de persévérance, réussit à imposer ses codes, comme ce fut le cas, à Tunis, lors du Festival d’Art Féministe, où elle présenta un avant-gout d’une oeuvre dont la thématique porte sur le corps féminin.

Son parcours, ses formations

Hind compte à son actif, plusieurs participations à des expositions mais aussi des biennales, parmi les plus notables, on notera :
[2016]   « Chouftouhonna » Festival International d’Art Féministe de Tunis.
[2015]   « Imago Mundi » Fondation Luciano Benetton à l’Île de San Giorgio Maggiore, Venise.
[2015]   « Open ! » Une série de cinq photos, intitulée « Entre Eux » à l’ESPACO.
[2014]   « Regards reconstruit III » Sur le thème de la Macrophotographie au MAMA.
[2014]   Vidéo d’Art – à la 3ème Biennale Méditerranéenne d’Art Contemporain d’Oran.
* Hind a également suivi différents ateliers photos :
[2016] « Les Journées de la Photo » encadré par Maud Bernos & Houari Bouchenak à l’IF d’Alger.
[2016] « L’Art face à la violence » encadrés par Karim Sergoua & Adlene Djeffa à la villa Abdellatif.

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AUTOUR DE L’EXPOSITION

Al-Tibaq, ainsi a été baptisée cette exposition d’un genre différent, une exposition qui interroge et qui met la société devant ses contradictions, celle-ci contraste entre «complexité et simplicité», elle se veut fédératrice, tel «une interface entre l’art et la société».
Cette manifestation artistique, initiée par le Collectif Aswad en est déjà à sa quatrième édition, qui rappelons-le est prévue pour le 29 septembre prochain, toujours au Musée National du Bardoo.
Alors, que les précédentes éditions avaient rassemblé de nombreux artistes étrangers et locaux, la quatrième ne déroge pas à la règle avec :
Mazia Djab [Photographie & Peinture murale] Collectif Asswad
Mo’ Mohamed Benhadj [Live Performance] Collectif Asswad
Albert Coma Bau [Peinture & Installation] Espagne
Amel Benmohamed [Photographie] Algérie
Amine Aitouche alias Sneak [Peinture murale] Algérie
Hind Faiza O. [Photographie] Algérie
Claudio Burei [Installation] Italie
Elena Bellantoni [Video Art] Italie
Giuliana Bellini [Installation] Italie
Mounir Fatmi [Projection, Peinture Murale & Photographie] Maroc
Ulla Karttunen [Installation] Finlande
Valentina Fernandez [Art Video] Allemagne / Italie
Une belle brochette d’artistes réunis autour d’un seul et unique thème central «La Transgression», un thème poignant  qui tenait à cœur à Mazia Djaballah, membre du collectif Asswad.
« Il serait plus juste de dire qu’enfreindre l’interdit est une déconstruction mais surtout une réappropriation d’un réel qui parait obsolète pour une reconstruction » a-t-elle précisé avant de conclure : « La transgression est au cœur de n’importe quel acte instaurant une tradition ou une coutume. C’est pourquoi il faut saisir cette expression d’une imagination créatrice à l’œuvre ».
Hind Oufriha, qui sera de la partie, a accepté de lever le voile, et nous en dire plus sur son travail d’Art Visuel à Al-Tibaq.

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LA PARTICIPATION DE HIND OUFRIHA

Hind Oufriha, dénonce, une Algérie où le corps féminin en mouvement dans la place publique, est certes toléré, mais souvent sujet de moqueries, et de surveillance constante. La femme est épiée, voire même déshabillée du regard, subissant la frustration d’une partie de la société, qui vont jusqu’à proférer des injures, et autres propos obscènes qui la dévalorisent. Face à ce fléau, de plus en plus répandu, et qui est contraire à notre culture, Hind se pose en dénonciatrice d’une société patriarcale qui n’accepte pas que les femmes acquièrent une indépendance de corps et d’esprit, à travers un travail d’art visuel qui s’articule sur deux œuvres qu’elle présentera à Al-Tibaq :
La première s’intitule « Niya, retour aux origines », illustrée en une fresque murale sur forex de 3 métrés sur 1 m 30 et à travers laquelle Hind, revendique un Nu, habillé de couleur, représenté par plusieurs femmes portant une caméra comme signe de contemporanéité, et dont la démarche artistique « combinée à un acte somme toute politique entraîne une valeur de féminité assumée » à l’issue de quoi, cette dernière s’interroge : Cette « Nya » qui existe/ait en chacun de nous. Reviendra-t-elle un jour ?
Quant à la seconde « Hab Ch’bab » qui signifie Acné en français (en référence à ces boutons qui fleurissent sur la peau pendant l’âge ingrat de l’individu et certains éternels adolescents) toujours en Forex d’un mètre sur un, celle-ci constitue une série de photo, prise lors d’un spectacle chorégraphique intitulé La Trochoïde, qui a eu lieu durant le dernier mois sacré et signée Ahmed Khemis, où le choix s’est porté sur une série de fragments d’hommes qui dansent, tournoient et gesticulent, le tout étalés sur le buste d’une femme, symbole de réconfort et de bien être pour l’enfant, mais de luxure pour d’autres. Pour résumé, ce cocktail pétillant d’images détournés fait au final fonction de « peau de colle ».
Crédits Photos : Aurore Vinot, Portrait de Hind Oufriha © |
Exposition Regard Reconstruit III Galerie Isma.
Affiches Al-Tibaq, Design de Mo’ Mohamed Benhadj, Photographie de Mazia Djaballah du Collectif Asswad © ]

 


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