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Q & A | Hania Amar

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Sélectionné officiellement dans la catégorie « Un certain Regard » au Festival de Cannes, le dernier long métrage de Karim Moussaoui a fait pas mal de bruit à sa sortie :  » Une invitation au voyage «  a précisé les Inrocks, alors que Libération parle de « Renouveau du cinéma algérien ». Eddar Darek avait rencontré une des actrices majeures à l’affiche du film, Hania Amar qui interprète brillamment le rôle d’Aïcha… 

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Qui est Hania Amar ?

Hania AMAR est une actrice franco-algérienne, née en Kabylie et arrivée en France alors qu’elle avait à peine un an. Elle a toujours grandi et vécu à Paris et y a fait ses études , en gardant toujours un contact très proche avec sa région natale, ses cousins et ses grands parents vivants là bas. « Jusqu’à mon adolescence, il n’y a pas une année où je ne passais pas au moins 2 mois avec eux ! »

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Comment vous êtes-vous retrouvée plongé dans l’univers du septième d’art ?

Je l’ai toujours souhaité et ai toujours travaillé pour. Je ne m’y suis pas « retrouvée ». Je ne marchais pas dans la rue par hasard quand quelqu’un m’a repérée, histoire qu’on entend souvent. J’aime savoir que j’ai une part de responsabilité dans ce que je vis aujourd’hui et il n’y a que par le travail que l’on maîtrise ce qui nous arrive. Je n’aime pas que les choses « me tombent dessus ». Je suis comme mon personnage Aïcha, qui précise « ana li hbit »

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Quel effet cela vous fait-il de retourner dans votre pays d’origine et de participer à des films aux sujets aussi bouleversants. Comme ce fut le cas dans Le Puits, ou En attendant les hirondelles ?

C’est une pièce de mon puzzle qui me manquait. J’en suis comblée. Jusqu’à il y a 4 ans, je ne connaissais de l’Algérie que la Kabylie. Grâce aux films que j’ai tourné en Algérie depuis ,j’ai découvert Oran, Taghit, Ghadaîa, Laghouat, Tlemcen, , Le Ghouli, Tipaza, Timimoun et surtout Alger qui m’émeut à chaque fois que j’y mets les pieds.

Je suis très contente de ce qui se passe pour le cinéma Algérien, cette « renaissance », j’en suis fière, et tout excitée. C’est un pays qui est fait pour le cinéma, par sa photogénique,son histoire, ses habitants. Il est inspirant. Il doit être filmé.

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Comment s’est établi le contact avec le cinéaste Karim Moussaoui ? Qu’attendait-il de vous, et quel genre de réalisateur est-il ? Exigeant, Perfectionniste ou appliqué ?

Les 3 à la fois et c’est ça qui m’a plu! On se ressemble beaucoup finalement. Nous avions des amis en commun dans le cinéma mais nous ne nous étions jamais rencontrés. J’avais vu ce qu’il avait fait et il avait vu ce que j’avais fait. Nous nous sommes rencontrés une première fois à Paris où il m’a parlé de son projet. J’ai tout de suite été emballé. Il m’a demandé de lui envoyer des essais filmés dans un premier temps car je partais à l’étranger le lendemain. A mon retour à Alger, il m’a fait faire d’autres essais en décor naturel, qu’il a filmé lui même, cela devait se faire avec l’acteur qui joue avec moi mais il n’avait pas pu se libérer. Karim, sait ce qu’il veut et c’est génial. Les essais ont duré plus d’une heure je crois, je le voyais chercher, peaufiner, m’emmener dans des endroits différents…un vrai passionné. Je suis sortie épuisée du « casting » mais satisfaite. Je me suis dit, c’est pas grave si je ne suis pas prise, je viens de faire une super séance de travail avec un VRAI réalisateur , comme il y en a trop peu.. En tournage et dans la vie, c’est quelqu’un d’une grande générosité et de solidarité. Avec lui pas de favoritisme, pas de star système. Que du travail. Le travail, il n’y a que ça de vrai.

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Comment décrirez-vous votre rôle dans « En Attendant Les Hirondelles » ?

Aïcha est une jeune femme moderne qui, à un moment charnière de sa vie, lorsqu’elle doit prendre une décision grave, se voit rattraper par son passé. Elle doit alors choisir alors entre sa raison et sa passion dans une Algérie où la pression sur les filles de son âge est forte. Mais ce genre de choix et cette pression, existe partout dans le monde, peut-être pas sur le même sujet, nous sommes/avons déjà été/serons tous confrontés à ces choix. Elle est très intelligente et a un fort caractère, elle sait se sortir de situation qui pourrait être contraignante mais qu’elle sait tourner à son avantage. Elle a compris que la liberté s’acquiert par la prise de position. « ana li hbit »

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Pierre Lescure, Président du Festival de Cannes a annoncé la nomination d’ « En Attendant Les Hirondelles » dans la section un ‘certain regard’. Comment avez-vous vécu cette consécration ?

C’est d’abord une grand fierté, cette reconnaissance internationale. Il est toujours agréable d’être reconnu par ceux qui ont fait le cinéma avant vous. Bien sûr Cannes n’est pas une fin en soi , et n’a jamais été un objectif pour moi, mais quand ça arrive, on a l’impression qu’on se retrouve dans la cour des grands. Et ça met une petite pression pour la suite tout de même!

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Un mot, sur vos projets futurs ?

Je vis une année extraordinaire, avec mon film précédent The Nile Hilton Incident (De Tarik Saleh, réalisateur entre autre du clip de Lykke Li – I Follow Rivers) primé du Grand prix du Festival de Sundance ( Etats- Unis) ainsi que du Grand prix du Festival de Beaune (France) et avec ce film « En attendant les Hirondelles » à Cannes. J’ai toujours été discrète sur mes projets, je travaille en silence jusqu’à ce que ça explose ! En un mot donc, sur mes projets futurs, qui sera un mot composé, je dirai United-Kingdom 😉

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