Interviews

Q & A | Cédric Klapisch

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L’auteur de La Trilogie des voyages de Xavier, un des plus grands succès de l’histoire du cinéma français contemporain, le cinéaste Cédric Klapisch, nous fait l’honneur de répondre à nos questions dans un Q & A exclusif, évoquant entre autres, sa vie, son parcours cinématographique, le rapport qui le lie à l’acteur Romain Duris, mais aussi les choix musicaux de ses films. Rencontre.



Qui est Cédric Klapisch ?

Si je le savais je ferais des films plus simples ou je n’aurais fait qu’un seul film…

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Vous vous êtes déjà posé la question de savoir quel aurait été votre métier si vous n’étiez pas cinéaste ?

Je pense que j’aurais été photographe ou chef opérateur.

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Vous êtes bien évidemment connu pour « La Trilogie des voyages de Xavier », comment à l’heure d’aujourd’hui vivez-vous ce succès ? Et pèse-t-il sur vos projets en cours, ou au contraire c’est un moteur ?

C’est un privilège d’avoir vécu un succès comme celui de « l’Auberge Espagnole » notamment. C’était très inattendu et donc très surprenant. Après avoir fait d’autres films on comprend que ce n’est pas automatique et ce n’est presque pas lié au « talent »… Il y a un facteur chance ou en tout cas un coté sociologique. La conjonction d’un sujet avec des acteurs et un public prêt à recevoir un projet à une époque précise. Ce n’est presque pas de la faute de l’auteur…

Pourquoi un film a autant de succès à un moment précis… ? C’est quelque chose d’assez mystérieux. C’est plutôt moteur parce que ça donne envie de retrouver cette osmose ou cette résonance avec le public dans un autre projet.

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Vous en êtes à votre septième film, avec Romain Duris, acteur que vous aviez découvert vous même et poussé à faire du cinéma au moment du « Péril Jeune », quel rapport entretenez-vous aujourd’hui avec Romain ? Peut-on parler d’un tandem à la Scorsese-DiCaprio ?

On ne se voit plus beaucoup avec Romain. Il est très pris sur beaucoup de projets, c’est devenu une star. Il y a eu beaucoup de complicité entre nous. Effectivement il y a souvent des « couples » réalisateur/acteur. Scorsese/De Niro auparavant Scorsese/Di Caprio aujourd’hui mais aussi Tim Burton/Johnny Depp, Truffaut/Léaud etc… Chacun de ces couples est toujours différents même si tout part d’une profonde complicité.

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Au delà de la complicité qui vous lie avec Romain, il y a aussi le musicien Loïk Dury (Kraked Unit) qui vous suit fidèlement depuis « Peut-être ». Comment l’aviez-vous découvert (rencontré) ? Et qu’à-t-il apporté de plus à vos films ?

J’ai rencontré Loïk par des amis commun sur une plage en Espagne ça va bientôt faire 20 ans… Loïk Dury et Christophe « Disco » Minck ont formé le groupe Kraked Unit. Grace à leur musique ils amènent un coté sensitif… La musique c’est ce qu’il y a de plus irrationnel et de plus efficace dan un film. Ça va directement à l’essentiel sans les mots, ça parle en direct aux émotions qu’on peut avoir en soi…

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Après plus de 25 ans de carrière dans le cinéma, votre filmographie s’est enrichie. Quel a été le film que vous avez le plus aimer tourner ?

Je crois que c’est le dernier sans hésiter. Le vin et le vent. C’était la première fois que je tournais dans la nature. Mon équipe était réellement formidable et mes acteurs indescriptibles (Ana Girardot, Pio Marmaï et François Civil). On a tourné pendant un an (12 semaines de tournages réparties sur un an). Ça a été une sacré belle aventure.

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Quel avis vous-faites vous du cinéma d’aujourd’hui ? Selon vous, les codes ont-il changé ? Si oui, en mieux ou en mal ?

Je crois que le cinéma a constamment évolué. Les techniques et les codes narratifs changent avec les époques. On vit une époque de cinéma très forte il y a une nouvelle génération de réalisateurs et surtout de réalisatrices. C’est très stimulant.

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Deux ans après « Casse Tète Chinois », vous tournez « Le Vin et le Vent » bientôt dans les salles, le thème abordé est complètement différent de vos films précédents. Était-ce une volonté pour vous de changer d’univers, ou bien juste de rendre hommage à votre père qui vous a transmis le gout du vin de Bourgogne ?

Un peu les deux. C’est compliqué de savoir pourquoi on fait un film (surtout quand on est encore en train de le faire…). C’est le mélange entre différents désirs donc là oui il y avait le désir de filmer la nature. De parler du vin de travailler avec de nouveaux acteurs… d’une certaine façon ça marque une nouvelle époque pour moi oui.

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L’Algérie, aujourd’hui s’ouvre à nouveau au cinéma, quelques grands noms sont venus, comme Jacques Audiard, Alexandre Arcady… Seriez-vous favorable à l’idée d’y venir présenter un de vos films ?

Je suis venu moi aussi une fois à Alger présenter mon film Paris. J’étais accompagné de Zinedine Soualem qui est présent dans tous mes films et qui n’était pas retourné en Algérie depuis longtemps… Ça a été un voyage très fort et très émouvant. Oui j’aimerais beaucoup y retourner.

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