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Q & A | Ben Heine

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Né en Côte d’Ivoire, Ben Heine est un artiste pluridisciplinaire belge, pétri de talent et débordant d’imagination, il a été propulsé sur le devant de la scène et connu mondialement pour sa série « Pencil vs Camera », ce que lui a valu d’être exposé un peu partout en Europe et en Asie.  Jonglant aisément entre le dessin, la peinture et la photographie, en 2013, il se consacra à une de ces autres passions : La Musique, il produit ses propres sons,  dans un style classé électro-pop. Rencontre.

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Qui est Benjamin Heine ?
Je suis un artiste vivant en Belgique. J’ai 33 ans, je suis un artiste plasticien et producteur de musique, j’ai aussi un master en Journalisme. J’ai 2 enfants.
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Raconte-nous un peu ton parcours … Comment t’es venue cette passion pour l’art ?
Je suis né en côte d’Ivoire, j’ai grandi là bas jusque mes 7 ans. Ma famille est ensuite retournée en Belgique où j’ai passé le reste de ma jeunesse. J’ai ensuite réalisé des études à Bruxelles puis en Angleterre et aux Pays Bas. J’ai commencé à dessiner très tôt, vers 11 ans. Je passais énormément de temps à peindre, dessiner, écrire des poèmes et jouer des percussions et de la guitare durant toute mon adolescence et puis durant mes études. Après mes études, j’ai travaillé pendant une courte période comme employé dans des agences de communication et comme professeur puis je me suis mis comme indépendant dans le secteur artistique. En 2010, j’ai lancé la plupart de mes concepts graphiques qui ont permis de propulser mon travail dans des galeries et salons artistiques internationaux. J’ai pu exposer mon travail un peu partout en Europe et plus récemment en Russie et en Asie. Depuis 2013, je produis et crée de la musique électro-pop.
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Artiste touche-à-tout que tu es, quel mot te définirait le mieux, et définirait ton art ?
Je dirais : multidisciplinaire, versatile ou multimédia.
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Tu mêles souvent dessin et photographie dans tes œuvres. Comment t’es venue l’idée de « Pencil vs Camera » ?
J’avais déjà vu des photos dans des photos et des dessins dans des dessins mais pas encore des dessins dans une des photos présentés de cette façon (un morceau de papier tenu en main). Je me suis dit qu’il y avait là quelque chose de fort à développer. Fort parce que l’apport du dessin permet une créativité sans limite et parce que la main donne un côté humain et représente une invitation au voyage. Etant donné que j’étais déjà dessinateur et photographe, j’ai sauté sur cette occasion, ce concept était fait pour moi. Il a depuis dépassé toutes mes attentes. Il est maintenant présenté et enseigné dans de nombreuses écoles à travers le monde. Cela représente un aboutissement et une grande fierté pour moi.
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Quels sont les thématiques qui t’inspirent le plus, et que tu souhaiterais réaliser à l’avenir ?
Les thématiques récurrentes dans mon travail graphique et sonore sont l’amitié, l’amour, la perte de repères, le voyage, la solitude, l’exotisme, la curiosité, la science…
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On évoquait ta passion pour toutes sortes de disciplines artistiques, quels sont les artistes qui t’ont le plus influencé tout au long de ta carrière ? Si tu devais nous en citer 3, toutes disciplines confondues …
Je dirais : Magritte, Bob Marley et Picasso. Doux mélange…
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Ces derniers temps, tu t’es lancé doucement mais surement, dans la musique. Que peux-tu nous dire sur cette nouvelle aventure ?
En effet, il s’agit là d’un nouveau challenge car c’est un nouveau public à conquérir. L’art graphique manque de punch et de puissance à mon goût, c’est un art passif, lent et solitaire. Mon but en tant qu’artiste est de toucher les gens au plus profond, c’est quelque chose que permet la musique J’ai commencé à partir de presque rien: juste quelques bases en percussions et en guitare. J’ai donc passé 4 ans à apprendre le solfège et la composition de manière autodidacte, ainsi que l’utilisation des programmes de musique (assez complexes). Je joue maintenant au piano les yeux fermés, c’est le seul instrument vraiment essentiel en musique électronique d’après moi, car il permet de jouer toutes les notes en y ajoutant le son de n’importe quel autre instrument. J’avais d’abord en tête de faire des sons électro progressive house en mettant l’accent sur des percussions qui donnent envie de bouger puis je me suis dit que c’était dommage de ne pas transmettre un message, une histoire et des mélodies perceptibles. J’ai donc changé d’objectif, mon but maintenant est de réaliser des créations sonores avec différentes parties, une partie plus classique avec voix et instrument, une partie plus mélodique et enfin une partie plus dansante, c’est beaucoup de choses en une fois. Il m’arrive de chanter, sinon je réalise des collaborations avec des chanteurs ayant des voix plus intéressantes. Dans tous les cas, il s’agit toujours de mes compositions et de mes paroles, soit en anglais, soit en français.
Deux questions si tu le permets, sur un plan plus personnel…
Via les réseaux sociaux, il t’arrive de citer la famille, et justement à cet égard être père de famille, cela a changé quelques chose dans ta vie d’artiste, arrives-tu à concilier vie d’artiste et vie de famille ?
Oui, c’est conciliable, on n’a pas le choix de toute façon. Un enfant amène beaucoup de contraintes et de responsabilités mais aussi énormément de bonheurs au quotidien.
Aussi, tu as cité ta maman, qui utilisait ta musique comme accompagnement sonore, lors d’un spectacle. Quel sentiment cela procure en toi ?
Depuis tout petit, j’ai été bercé par les musiques que ma mère, chorégraphe, utilisait dans ses spectacles de danse. Cela a donc été génialissime de pouvoir collaborer avec elle et lui donner des sons originaux pour ses chorégraphies. L’ADN de mes créations musicales est tout à fait compatible avec l’ADN des danses imaginées par ma mère. On voit bien qu’il y a des similitudes dans la manière d’exprimer les choses. Donc cela joute une dimension supplémentaire, tant à ma musique qu’à ses chorégraphies.
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Tu as exploré la poésie, le dessin, la photographie, la peinture et la musique. Quel autre domaine artistique espères-tu encore explorer, le cinéma peut-être ?
Je pense que je ne pourrai pas développer d’autres disciplines que la musique, mais il ne faut jamais dire jamais. Je réalise déjà une bonne partie de mes clips vidéo mais c’est plus par manque de moyens techniques qu’autre chose…

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Le mot de la fin, que peut-on te souhaiter à l’avenir ? Et si tu permets par la même occasion, un mot sur tes projets futurs.
Je suis en train de finaliser une chanson. Le clip sera bientôt tourné et je planche déjà sur ma prochaine composition. J’ai un projet d’exposition dans un hôtel à Bruxelles. Une performance Flesh and Acrylic à la ColorfieldGallery et plusieurs autres projets que je ne peux pas encore dévoiler.

 

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