Musique

Le public algérien vibre au rythme du jazz algéro-martiniquais avec Insula

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Maher Beauroy pianiste d’origine martiniquaise et Redha Benabdallah oudiste, forment le duo Insula. Leur son est un mélange de musique algéro-andalouse et jazz afro-caribéen, très inspirés par la personnalité du militant anti-colonialiste Frantz Fanon, ils avaient à cœur de fouler le sol algérien pour y jouer leurs plus beaux morceaux à Alger, Constantine, Tlemcen et Oran. Eddar Darek les a rencontré, un échange des plus passionnants où Redha notamment, est revenu sur ce fabuleux retour aux sources et son contact avec le public algérien.

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Comment est né INSULA ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?
INSULA est né de l’amitié qui nous lie Maher et moi-même. Cette amitié a commencé il y a plus de 10 ans, sur les bancs de la Sorbonne à la rentrée 2006, nous étions tous les deux en 1ère année de licence de musicologie. Il y avait 300 étudiants dans cette promo, un martiniquais et un français d’origine maghrébine, algérienne, et c’était moi. Je pense que ça nous a beaucoup rapproché ! On a appris à se connaître, connaître nos histoires, nos parcours et évidemment, nous avons parlé de Frantz Fanon, le penseur et militant anti-colonialiste né martiniquais et mort algérien. Ce personnage nous liait de par nos origines et nous en avons fait la clef de notre inspiration pour la composition de notre musique.
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Votre style musical est fort d’un métissage bien particulier, comment le qualifieriez-vous ?

Nous connaissons bien le jazz oriental, mélange de jazz européen et de musique arabe du Machreq. Notre musique est encore plus particulière : elle est le mélange d’un jazz plutôt caribéen, antillais, martiniquais, représenté par Maher Beauroy, pianiste et co-leader et d’une musique plutôt maghrébine, algérienne, représentée par moi-même, Redha Benabdallah, oudiste et co-leader. Cependant, nous ne restons pas enfermés dans ces deux styles musicaux et nous laissons nos inspirations nous guider dans la composition de notre musique. Si nous devions qualifier notre musique, nous la qualifierons de jazz algéro-martiniquais.

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Début octobre, vous posez vos valises en Algérie pour une série de concerts. Comment a germé l’idée de cette tournée surprise ?
Je suis venu en Algérie l’été 2016 pour rencontrer des responsables de la culture afin de leur proposer INSULA. Je leur en ai parlé, je leur ai fait écouter ma musique. J’ai ensuite rencontré les dirigeants de l’Institut Français d’Alger, présenté INSULA et tout cela s’est fait très vite. La programmatrice et le directeur m’ont accordé leur confiance tout de suite et la tournée a commencé à se construire. Quelques mois après, la tournée a été validée dans tous les instituts d’Algérie (Alger, Constantine, Tlemcen et Oran) hormis Annaba, fermé pour travaux.
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Comment avez-vous trouvé le public algérien ? Sa réaction ?
Nous avons eu le plaisir de découvrir (redécouvrir pour moi) un public incroyable ! De ville en ville, nous nous sommes aperçus des caractères différents du public. D’un public incroyablement sérieux et attentif à Alger (très agréable pour un musicien) à un public chaud et festif à Oran (aussi agréable) pour ne citer que ces deux villes. Je pense que nous avons remplis notre contrat et que le public a été agréablement surpris par la nouveauté de notre style musical. Nous avons en tout cas donné toute notre énergie et tout notre cœur pour apporter du bonheur au public algérien.

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Quelle a été la ville où vous avez le plus aimé performer ?

Question délicate! (rires) Bon, je dirais Oran, car nous avons terminé notre tournée dans cette ville et de par l’immensité de la salle de concert qu’est l’auditorium de l’hôtel le méridien (3000 personnes). Ce n’est pas tous les jours que l’on joue dans une salle de spectacle aussi grande et avec un public aussi nombreux et festif que le public oranais.

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Un mot sur les projets futurs, des collaborations à venir ?

Nous partons en tournée au Brésil dès novembre avec 5 concerts dont un au Sao Paulo Jazz Festival et un au Blue Note de Rio. Nous jouerons également à Florianopolis, Belem, Porto Alegre et en Guyane à Cayenne. L’année 2018 est en construction et de belles tournées dans le monde sont en train de se faire, inchallah.  Concernant les collaborations, nous avons envie d’aller à la rencontre de Slameurs/euses, de musiciens/ennes classiques (l’idée d’un quintette à cordes nous traverse l’esprit), ou encore de musicien traditionnel, jazz dont nous aurons un cœur de cœur. Nous nous laisserons guider également par notre destin avec, je l’espère, de belles rencontres musicales surprenantes.
Nous espérons également revenir en Algérie collaborer avec des artistes algériens/nnes de tous domaines : musique, poésie, dessin, peinture, design etc. Nous sommes ouverts à tous. La balle est aussi dans le camp des responsables culturels du pays, les artistes algériens/ennes ont besoin qu’on leur donne les moyens de réaliser leurs arts respectifs. Du talent, il y en a énormément en Algérie, je l’ai vu de mes propres yeux. Restons positifs et optimistes, il y a de quoi !

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