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Q & A | Combo

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Combo, à ne pas confondre avec Combat, que mène d’ailleurs cet artiste franco-marocain, à travers ces œuvres dans lesquelles il défend différentes causes « corps et âmes » prônant un message de paix et de tolérance. Lui qui est connu entre autres, pour le tag « Coexist », a accepté de répondre à nos questions, nous racontant comment a-t-il fait des rues parisiennes son terrain de jeu.

 

Pourquoi avoir choisi le nom de Combo ? Que signifie-t-il ?

Le combo en anglais c’est l’enchaînement, le mélange. Ça correspond parfaitement à la personne que je suis ainsi qu’au travail que je mène.

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Comment vous-êtes vous retrouvé plongé dans le monde du street-art ?

À l’age de 16 ans avec des amis nous avons acheté une bombe de peinture pour taguer la voiture de la prof’ de français qui était horrible avec nous, le jour du passage à l’acte on ne retrouvait plus sa voiture. On dessinait pas mal déjà entre nous on a décidé de vider la bombe en peignant dans notre quartier ça fait maintenant 13 ans et je n’ai plus arrêté depuis.

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Vos origines marocaines ont-elle influencé votre art d’une manière ou d’une autre ?

Oui et non, ça m’influence évidement mais autant que le fait d’être né en France, d’avoir été à l’école publique, autant que le dernier livre que j’ai lu ou encore un film que j’ai vu. L’influence dans mon travail vient de ma vie, de mes choix, ainsi que de tous ceux de ma famille qui ont été pris avant ma naissance.

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Au lendemain, des attentats de Charlie Hebdo vous réalisez l’oeuvre « Coexist » désormais célèbre, mais qui vous a valu une agression, comment avez-vous vécu cela ? Et pensez-vous avoir atteint l’objectif que vous étiez fixé à travers cette oeuvre ?

Je n’ai pas eu le temps de m’apitoyer sur mon sort, j’ai reçu tellement de soutien que j’ai repris le travail très rapidement deux jours après, ça m’a énormément porté à ce moment et pendant toute l’année qui a suivi. Mon travail est de poser des questions et ouvrir le débat, même si je reçois beaucoup d’insulte ou de menace, j’ai 100 fois plus de retour positif, à ce titre, j’espère prendre la parole pour ceux qui se retrouvent dans mon travail.

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Contrairement, à d’autres street-artistes, vous taguez à visage découvert, ne craignez-vous pas que votre identité soit révélée au grand jour ?

Oui, je n’ai pas honte de mon travail, ou de mes opinions, je ne suis pas un voleur, je n’ai pas à me cacher. L’identité est toujours facile a trouver, nous connaissons celle de Zeus, Mr Chat, Space Invader et certains… celle de Banksy, alors qu’il se cache depuis des années. À quoi bon se cacher. Par contre, mon nom circule que très peu et pour ma sécurité, j’espère que cela durera.

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Votre art s’exporte un peu partout, ou vous dénoncez différentes injustices de ce bas monde, pensez-vous qu’aujourd’hui le street-art a le pouvoir de faire changer (de faire bouger) les choses ?

L’art change le monde, il serait idiot de penser l’inverse, une oeuvre d’art, une photo peuvent faire office de levier dans l’opinion, dans l’esprit des gens qui certes pensent déjà ou ont déjà un sentiment, nous l’illustrons à ce moment là, et ça réveille quelque chose chez les gens. Ce sont les photos de cette petit fille brûlée au napalm qui changent le cours de l’histoire, lors de la guerre du Vietnam, les slogans de mai 68 sont encore dans nos esprits « police partout, justice nul part » et beaucoup d’autres ont été réalisées cette année qui je pense influence les mouvements sociaux que nous voyons « l’état d’urgence pour cacher les tas d’urgences »…

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Vous aviez déclaré : « On vit pour l’art, on ne vit pas de l’art. » Cela s’applique t-il aussi quand on y risque sa vie ?

Cela s’applique encore plus quand on y risque sa vie, combien de gens vivent leur passion de manière totale. Je ne parle même pas des sports extrêmes. On peut arriver a un niveau de total abandon dans la peinture que cela donne un sens à notre vie, tout ces tagueurs qui ont risqué leur vie dans le métro ainsi que des problèmes judiciaires… C’est un moyen de se sentir vivant autant que de sauter en parachute. Cela pourrait sembler futile, comme moi je trouve étrange d’aller payer des forfaits de ski pour se retrouver une jambe dans le plâtre chaque hiver.


 

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